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Calculateur de salaire : brut, net et coût employeur en restauration

Le simulateur de l'Urssaf donne un net pour un salarié en général. Un restaurant paie des repas, des contrats de 39 heures, une mutuelle et une prévoyance de branche et sa réduction de charges a changé de formule en 2026. Voici un calculateur qui sait tout cela et l'article qui explique chaque ligne.

Florian AstierPar Florian Astier
Publié le 23 septembre 2026
16 min de lecture
Mis à jour septembre 2026
Chiffres à jour pour 2026
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Vous allez embaucher un commis et vous voulez savoir deux choses avant de signer : ce qu'il touchera vraiment à la fin du mois et ce que cela vous coûtera vraiment. Vous ouvrez le simulateur de l'Urssaf, vous entrez un brut, il vous rend un net et un coût. Puis votre expert-comptable vous envoie le premier bulletin et rien ne correspond. Il y a une ligne « nourriture » que vous n'aviez pas prévue, une mutuelle que vous ne connaissiez pas, 169 heures là où vous pensiez 151 et une réduction de charges dont le montant ne ressemble pas à celui que vous aviez lu.

Ce n'est pas que le simulateur généraliste se trompe. C'est qu'il ne connaît pas votre convention collective. Or en hôtellerie-restauration, la convention change presque toutes les lignes du bulletin et l'année 2026 a en plus modifié la formule de l'allègement de cotisations sur les bas salaires, celui qui pèse le plus dans votre coût.

Cet article fait deux choses. Il vous donne un calculateur qui intègre ces particularités, du taux horaire jusqu'au coût employeur, avec le détail ligne par ligne comme sur un bulletin. Et il explique chacune de ces lignes, pour que vous sachiez lire ce que le calculateur affiche, contester un devis de paie ou construire la masse salariale de votre prévisionnel sans la sous-estimer.

Calculateur · chiffres 2026

Votre fiche de paie en restauration, du brut au coût employeur

Repas, 39 heures, mutuelle et prévoyance de branche, réduction générale 2026 : tout ce que le simulateur généraliste ignore est déjà réglé.

jours par mois
€, dont % employeur
Options : effectif, accident du travail, pourboires, impôt
Salaire brut total
·
Net à payer
·
Coût employeur
·
Pour 1 € net dans la poche du salarié, l'entreprise décaisse·
Le détail, ligne par ligne
Côté salarié€ / mois
Côté employeur€ / mois

Chiffres 2026 au 1er juin, calibrés sur des bulletins réels de la branche. Une estimation fidèle, pas un bulletin.

Brut : ce qui est écrit sur le contrat, avant toute retenue. Net à payer : ce qui arrive sur le compte du salarié. Coût employeur : ce qui sort du compte de l'entreprise, brut plus cotisations patronales moins les allègements.

Minimum garanti : une valeur fixée par l'État, 4,35 € au 1er juin 2026, qui sert d'étalon à la valeur d'un repas en restauration.

Tranche A ou tranche 1 : la part du salaire jusqu'au plafond de la Sécurité sociale, 4 005 € par mois en 2026. Plusieurs cotisations ne s'appliquent que sur cette part.

Ce que vous saurez à la fin de cet article
  • Pourquoi 39 heures font 169 heures payées et ce que les majorations de la convention HCR ajoutent au brut.
  • Ce que le repas du personnel fait au bulletin, en nature ou en indemnité et pourquoi il coûte bien plus que 4,35 €.
  • Chaque retenue du brut au net et pourquoi le net d'un salarié de restaurant est plus bas que celui du simulateur.
  • La réduction générale 2026, sa nouvelle formule et pourquoi elle se calcule sur le Smic de janvier.
  • Combien coûte un euro net selon le poste, du commis au chef, pour bâtir une masse salariale juste.
Partie 01

Ce qui rend une paie de restaurant différente et le calculateur

Trois éléments distinguent un bulletin de restaurant de celui d'un employé de bureau : la durée du travail, le repas et les régimes de branche. Ce sont exactement les trois réglages du calculateur, il faut donc les comprendre avant de l'utiliser.

01

Le contrat de 39 heures : 169 heures payées, pas 151,67

La durée légale du travail est de 35 heures par semaine, ce qui donne 151,67 heures par mois une fois lissé sur l'année. C'est la base sur laquelle raisonnent tous les simulateurs. Mais la restauration est l'un des rares secteurs où le contrat courant reste à 39 heures et la convention collective HCR organise précisément la façon dont ces quatre heures de plus sont payées.

Un contrat de 39 heures est mensualisé sur 169 heures. Le calcul est arithmétique : 39 heures multipliées par 52 semaines, divisées par 12 mois. Ces 169 heures se décomposent en 151,67 heures au taux normal et 17,33 heures majorées de 10 %, qui correspondent aux quatre heures supplémentaires hebdomadaires intégrées au contrat.

La convention prévoit ensuite une grille pour ce qui dépasse :

De la 36e à la 39e heure : majoration de 10 %.
De la 40e à la 43e heure : majoration de 20 %.
À partir de la 44e heure : majoration de 50 %.

Ces taux sont inférieurs à ceux du droit commun, qui majore de 25 % dès la 36e heure. C'est l'une des contreparties négociées dans la branche et c'est ce qui rend le 39 heures relativement abordable pour l'employeur. Sur un Smic horaire à 12,31 €, passer de 35 à 39 heures ajoute 235 € de brut mensuel, pas 270.

Ces heures majorées ont un régime de faveur qu'on lit sur tous les bulletins de la branche : elles sont exonérées des cotisations salariales de retraite, ce qui représente 11,31 % de leur montant rendu au salarié et elles sont exonérées d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € par an. Un salarié à 39 heures touche donc proportionnellement plus de net qu'un salarié à 35 heures, à taux horaire égal.

L'erreur classique consiste à raisonner en salaire mensuel sans préciser la durée. Un « 2 100 € brut » n'a pas le même sens à 35 heures et à 39 heures : dans le second cas, le taux horaire réel est plus bas et c'est ce taux horaire que la grille conventionnelle encadre. C'est pourquoi le calculateur part du taux horaire et non du mensuel : c'est ainsi que la convention est écrite et c'est ainsi que se lisent les minima de branche.

02

Le repas : avantage en nature ou indemnité et pourquoi il coûte plus que 4,35 €

Voici la ligne qui surprend tous les nouveaux employeurs. En restauration, l'employeur a l'obligation de nourrir le personnel présent au moment des repas ou de compenser s'il ne le fait pas. Cette obligation se traduit sur le bulletin par une valeur forfaitaire : un repas vaut un minimum garanti, soit 4,35 € depuis le 1er juin 2026.

Deux situations, deux traitements. Il faut les distinguer parce qu'elles ne donnent pas le même net.

Les deux façons de compter le repas
  • Le repas est pris sur place : c'est un avantage en nature. Sa valeur est ajoutée au brut, supporte les cotisations et l'impôt, puis est retirée du net à payer puisque le salarié l'a déjà consommé. Le net baisse, mais le salarié a mangé.
  • Le repas n'est pas fourni : l'employeur verse une indemnité compensatrice de nourriture, du même montant. Elle est ajoutée au brut, cotise et s'impose de la même façon, mais elle reste dans le net à payer. Le salarié est payé pour se nourrir lui-même.

Sur un mois de 22 jours avec deux repas par jour, cela représente 44 repas, soit 191 € ajoutés au brut. Ce n'est pas un détail : sur un commis au Smic, c'est près de 10 % de brut supplémentaire et cette somme entre dans toutes les assiettes de cotisations.

Le point que peu de gens mesurent est le coût réel du repas pour l'entreprise. On raisonne à 4,35 €. En réalité, chaque repas ajouté au brut déclenche des cotisations patronales sur sa valeur et il fait aussi baisser la réduction générale, dont le coefficient diminue quand le brut augmente. Sur un salarié au Smic à 35 heures, passer de zéro à un repas par jour fait grimper le coût employeur de 2 001 € à 2 190 € par mois, soit 189 € pour 22 repas, près de 8,60 € par repas, le double de la valeur faciale. Le calculateur le montre en un clic, en basculant le réglage « repas ».

Ce coût n'est pas un argument pour ne pas nourrir son équipe, la loi ne laisse pas le choix. C'est un argument pour l'inscrire au bon montant dans le prévisionnel, là où presque tout le monde l'oublie ou le compte à 4,35 €.

03

Mutuelle et prévoyance de branche : deux lignes que le simulateur ne connaît pas

Un simulateur généraliste calcule les cotisations légales, celles qui s'appliquent à tout salarié de France. Il ignore les régimes conventionnels et la restauration en a deux, obligatoires, qui apparaissent sur chaque bulletin de la branche.

Le régime de frais de santé, autrement dit la mutuelle. La convention HCR impose un socle de garanties dont la cotisation de base relevée sur des bulletins 2026 s'établit à 52,26 € par mois, partagés par moitié : 26,13 € retenus au salarié, 26,13 € payés par l'employeur. Beaucoup d'entreprises souscrivent un contrat plus couvrant, dont la cotisation est plus élevée. Le calculateur retient le socle de branche, le plus courant dans un premier restaurant.

La prévoyance conventionnelle, qui couvre l'incapacité, l'invalidité et le décès. Pour un salarié non cadre, elle représente 0,43 % du salaire pour l'employeur et 0,43 % pour le salarié, sur la partie du salaire située sous le plafond de la Sécurité sociale. Le modèle de calcul publié par l'Urssaf retient d'autres taux, 0,90 % et 0,47 % : les bulletins réels de la branche que j'ai sous les yeux appliquent 0,43 % de chaque côté et c'est ce que le calculateur reprend. Pour un cadre, le taux est de 1,50 %, entièrement à la charge de l'employeur.

Ces deux lignes ont un effet que le lecteur ne verra nulle part ailleurs : elles font baisser le net. Le chiffre qu'on lit partout, un Smic à 1 867 € brut donnant environ 1 476 € net, est vrai pour un salarié sans régime de branche. En restauration, une fois retenues la part salariale de la mutuelle et de la prévoyance, le même Smic donne 1 440 € net. L'écart est de 36 € par mois et il explique une bonne part des « ça ne correspond pas » lors du premier bulletin.

Un dernier effet, plus technique mais réel : la part payée par l'employeur pour ces deux régimes entre dans l'assiette de la CSG et de la CRDS du salarié et la part patronale de la mutuelle s'ajoute au net imposable. C'est mécanique, c'est appliqué dans le calculateur et c'est pour cela que les décimales ne collent jamais tout à fait quand on refait le calcul de tête.

04

Le calculateur, du taux horaire au coût employeur

Le calculateur est placé en tête de cet article, juste après l'introduction. Six réglages suffisent pour un cas courant : le taux horaire, la durée hebdomadaire, le nombre de repas et la façon dont ils sont fournis, le statut du salarié et la mutuelle réellement souscrite avec la part que l'entreprise en paie. Les options avancées permettent d'affiner avec l'effectif de l'entreprise, le taux d'accident du travail notifié par la Carsat, les pourboires et le taux de prélèvement à la source. Le second mode fait le chemin inverse : vous entrez le net que vous voulez promettre, il vous rend le taux horaire à écrire sur le contrat.

Le détail ligne par ligne reproduit l'ordre d'un bulletin. Si le vôtre s'en écarte de quelques euros, c'est normal : l'ancienneté, les heures de nuit, une absence ou une mutuelle d'entreprise plus généreuse que le socle expliquent l'écart. Si l'écart dépasse quelques dizaines d'euros, c'est une question à poser au cabinet de paie et le détail vous dit sur quelle ligne la poser.

Partie 02

Du brut au net, ligne par ligne

Entre le brut et le net, une dizaine de retenues. Elles sont les mêmes pour tout salarié du privé, à deux exceptions de branche près. Les connaître permet de lire un bulletin en trente secondes et de répondre à un salarié qui demande pourquoi il touche moins que prévu.

05

Ce qui est retenu au salarié et pourquoi le net avoisine 77 % en restauration

Le brut d'un salarié est amputé de cotisations qui financent sa propre protection, retraite et santé pour l'essentiel. En 2026, pour un salarié non cadre, elles se lisent ainsi sur la partie du salaire sous le plafond de la Sécurité sociale :

Les retenues salariales 2026
  • Assurance vieillesse : 6,90 % jusqu'au plafond, plus 0,40 % sur la totalité du salaire.
  • Retraite complémentaire Agirc-Arrco : 3,15 % sur la tranche 1, la part du salaire sous le plafond.
  • Contribution d'équilibre général : 0,86 % sur la tranche 1. Elle finance l'équilibre du régime de retraite complémentaire.
  • CSG et CRDS : 6,80 % de CSG déductible, 2,40 % de CSG non déductible et 0,50 % de CRDS, calculés sur 98,25 % du brut, auxquels s'ajoute la part employeur de la mutuelle et de la prévoyance.
  • Prévoyance HCR : 0,43 % sur la tranche A et frais de santé HCR : 26,13 € forfaitaires. Ce sont les deux lignes propres à la branche.

Additionnées, ces retenues représentent environ 23 % du brut pour un salarié de restaurant, contre 21 à 22 % pour un salarié sans régime de branche. Le net à payer s'établit donc autour de 77 % du brut en CHR, un peu moins si un repas en nature est retiré. C'est le ratio à retenir pour une estimation rapide et c'est celui que le calculateur affine.

Deux remarques pour éviter les confusions. La retenue de 0,40 % de vieillesse dite déplafonnée s'applique même au-delà du plafond, comme la CSG. Et le plafond de 4 005 € ne concerne pas la plupart des postes d'un restaurant : il devient utile pour un chef ou un directeur, dont une partie du salaire relève de la tranche 2, avec des taux de retraite complémentaire nettement plus élevés, 8,64 % pour le salarié et 12,95 % pour l'employeur. Le calculateur les applique automatiquement quand le brut dépasse le plafond.

Aucune de ces lignes n'est négociable ni optionnelle, ce qui a une conséquence pratique : un salarié qui demande « plus de net » ne peut l'obtenir que par plus de brut, à raison d'environ 1,30 € de brut par euro net supplémentaire. C'est le premier chiffre à avoir en tête dans une négociation salariale.

06

Net à payer, net imposable, net après impôt : trois nets différents

Un bulletin de 2026 affiche plusieurs « nets » et la confusion entre eux est la source la plus fréquente de désaccord entre un employeur et son salarié. Ils répondent à trois questions différentes.

Le net à payer avant impôt répond à « combien l'entreprise vire ». C'est le brut moins toutes les retenues du point précédent, moins la valeur des repas pris sur place. C'est le chiffre que le calculateur met en orange.

Le net imposable répond à « sur quoi l'impôt est calculé ». Il est plus élevé que le net à payer, ce qui surprend toujours, pour deux raisons. D'abord, la CSG non déductible et la CRDS, soit 2,90 % du brut, sont retenues mais ne sont pas déductibles de l'impôt : elles restent dans la base imposable. Ensuite, la part patronale de la mutuelle est considérée comme un avantage et s'ajoute au revenu imposable. Sur un Smic de restaurant à 35 heures, le net imposable dépasse le net à payer de près de 80 €. À 39 heures, c'est l'inverse : les heures supplémentaires étant exonérées d'impôt, elles sortent du net imposable, qui passe sous le net à payer.

Le net après impôt répond à « combien arrive sur le compte ». Depuis le prélèvement à la source, l'employeur retient l'impôt selon un taux transmis par l'administration fiscale. Si aucun taux n'est transmis, il applique un taux dit neutre, lu dans une grille : 2,1 % pour un net imposable mensuel entre 1 799 et 1 942 €, 2,9 % jusqu'à 2 070 €, 3,5 % jusqu'à 2 397 €, 4,1 % jusqu'à 2 690 €. Un salarié au Smic non imposable a un taux de 0 %.

Quand vous promettez un salaire à l'embauche, précisez lequel de ces nets vous annoncez. « 1 800 € net » veut dire, pour le candidat, 1 800 € sur son compte. Si vous pensiez au net avant impôt, l'écart se verra dès le premier virement et il se règlera à votre détriment. Le calculateur affiche les deux dès qu'un taux d'impôt est renseigné, précisément pour que la promesse soit faite dans les bons termes.

07

Les pourboires, exonérés sous deux conditions

Les pourboires ont longtemps été un angle mort de la paie en restauration, à cheval entre l'informel et le déclaré. Depuis 2022, un régime clair s'applique et il a été prolongé jusqu'au 31 décembre 2026 par la loi de finances.

Le principe tient en deux conditions. Le salarié doit être en contact avec la clientèle. Et sa rémunération, hors pourboires, ne doit pas dépasser 1,6 Smic, soit 2 916,85 € brut par mois sur la base du Smic de janvier 2026. Dans ce cadre, les pourboires versés volontairement par les clients, en espèces ou par carte puis reversés par l'employeur, sont exonérés de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu. Ils n'entrent ni dans le brut, ni dans le net imposable : ils s'ajoutent, tels quels, à ce que le salarié perçoit.

Cette exonération change la lecture d'un poste en salle. Un serveur au Smic à 39 heures, un repas par jour, touche 1 631 € net avant impôt. Avec 250 € de pourboires mensuels, il perçoit 1 881 €, sans que cela coûte un euro de cotisation à l'entreprise. Pour un employeur, c'est un élément d'attractivité qui ne pèse pas sur la masse salariale, à condition d'organiser le reversement des pourboires par carte de façon transparente.

Deux précautions. Au-delà de 1,6 Smic, les pourboires redeviennent du salaire, soumis à cotisations et le calculateur les bascule automatiquement dans le brut. Et l'exonération concerne les pourboires, pas un « service » facturé au client et inscrit sur la note, qui reste du chiffre d'affaires de l'entreprise redistribué comme du salaire.

Enfin, il s'agit d'un régime temporaire, reconduit chaque année par la loi de finances. Il figure dans les chiffres à revoir en janvier, comme tous ceux de cet article.

Partie 03

Du brut au coût employeur

C'est le versant qui compte pour votre prévisionnel. En 2026, il s'est simplifié sur le papier et compliqué dans les chiffres : les taux réduits ont disparu, remplacés par une réduction unique dont la formule mérite d'être comprise.

08

Les cotisations patronales de plein taux en 2026

Jusqu'en 2025, un employeur de bas salaires bénéficiait de trois mécanismes distincts : une cotisation maladie à taux réduit, une cotisation d'allocations familiales à taux réduit et la réduction générale dite Fillon. Depuis le 1er janvier 2026, les deux taux réduits ont été supprimés. Toutes les cotisations s'appliquent à leur plein taux et la dégressivité passe par un seul dispositif, traité au point suivant.

Voici donc ce que l'employeur doit, avant tout allègement, pour un salarié non cadre en 2026 :

Les cotisations patronales 2026, avant réduction
  • Maladie, maternité, invalidité, décès : 13 % sur la totalité du salaire.
  • Assurance vieillesse : 8,55 % jusqu'au plafond, plus 2,11 % sur la totalité.
  • Allocations familiales : 5,25 % sur la totalité.
  • Assurance chômage et AGS : 4,05 % et 0,20 %, soit 4,25 % en une ligne sur le bulletin, jusqu'à quatre plafonds.
  • Accidents du travail : un taux propre à chaque entreprise, notifié par la Carsat. Le taux collectif des restaurants est de 1,78 % en 2026 hors Alsace-Moselle.
  • Retraite complémentaire et CEG : 4,72 % et 1,29 % sur la tranche 1.
  • Autres contributions : solidarité autonomie 0,30 %, FNAL 0,10 % sous 50 salariés, formation professionnelle 0,55 % sous 11 salariés puis 1 %, taxe d'apprentissage 0,68 %, dialogue social. Les bulletins de la branche les regroupent en une ligne à 1,90 % sous 11 salariés.
  • Régimes HCR : prévoyance 0,43 % sur la tranche A et frais de santé 26,13 €.

Le total approche 43 % du brut, mutuelle comprise. C'est le chiffre effrayant que l'on entend et il est exact. Mais il n'est presque jamais celui qui est payé, parce que la réduction générale vient en déduire une grande partie sur tous les salaires inférieurs à trois Smic, ce qui couvre la quasi-totalité des postes d'un restaurant.

Un mot sur le taux d'accident du travail, souvent négligé. Il est fixé chaque année pour votre établissement, à partir de la sinistralité de votre secteur puis, avec la taille, de la vôtre. Une cuisine où les brûlures et les coupures sont fréquentes finit par payer son propre taux. Le calculateur retient le taux collectif des restaurants, mais renseignez le vôtre dès que vous recevez la notification : à 2,5 % au lieu de 1,78 %, la différence sur cinq salariés dépasse 1 000 € par an.

09

La réduction générale dégressive unique : la formule et pourquoi le Smic de janvier

C'est la ligne la plus importante du coût employeur en restauration et celle qui a changé en 2026. L'ancienne réduction Fillon s'arrêtait à 1,6 Smic. La nouvelle, baptisée réduction générale dégressive unique, va jusqu'à 3 Smic, avec une pente plus douce. Elle est maximale au Smic et diminue à mesure que le salaire monte, jusqu'à disparaître.

La formule officielle se lit ainsi, pour une entreprise de moins de 50 salariés :

Coefficient = 0,0200 + 0,3781 × [ 0,5 × (3 × Smic annuel ÷ salaire annuel brut − 1) ]1,75
Réduction = coefficient × salaire brut

Elle n'est pas faite pour être calculée de tête et ce n'est pas nécessaire : le calculateur l'applique et affiche le coefficient obtenu. Ce qu'il faut en comprendre tient en trois points.

Au Smic, le coefficient est plafonné à 39,81 %, ce qui ramène les 43 % de cotisations patronales à environ 7 % du brut. C'est la raison pour laquelle un salarié au Smic coûte à peine plus que son brut. À 50 salariés et plus, le paramètre monte à 0,3821 et le plafond à 40,21 %.

Le coefficient chute vite. À 1,3 Smic, il est déjà tombé autour de 20 %. À 2 Smic, autour de 5 %. C'est la mécanique qui rend une augmentation plus chère qu'elle n'en a l'air : chaque euro de brut supplémentaire coûte l'euro, ses cotisations et un peu de réduction perdue. L'article sur le vrai coût d'un salarié en restauration détaille ce piège de l'augmentation.

Le Smic de référence est celui du 1er janvier, même après la revalorisation du 1er juin 2026. La règle est explicite : l'éligibilité et le coefficient se calculent sur 12,02 € de l'heure, alors que le salarié est payé 12,31 €. Conséquence concrète, un salarié payé au Smic de juin n'est plus tout à fait « au Smic » pour la réduction et son coefficient ressort à 37,5 % au lieu de 39,81 %. C'est un détail d'une quarantaine d'euros par mois que le simulateur généraliste peut gérer, mais qu'un calcul maison rate systématiquement. Autre subtilité relevée sur les bulletins : pour un contrat de 39 heures, le Smic de référence est proratisé sur les heures payées majorations comprises, ce qui relève un peu la réduction.

10

Ce qu'un euro net coûte réellement, du commis au chef

La question utile pour un prévisionnel n'est pas le taux de charges, c'est le ratio entre ce qui sort du compte de l'entreprise et ce qui entre sur celui du salarié. Ce ratio n'est pas constant. Il dépend du niveau de salaire, à cause de la réduction dégressive et c'est ce qui rend les règles de pouce dangereuses.

Le calculateur l'affiche sous les trois résultats et il varie ainsi en 2026, mutuelle et prévoyance de branche comprises :

Au Smic, 35 heures, sans repas : 1 440 € net pour 2 001 € de coût. Chaque euro net coûte 1,39 €.
À 14,20 € de l'heure, 39 heures, deux repas : 1 869 € net pour 3 222 € de coût. Chaque euro net coûte 1,72 €.
Chef à 3 500 € brut de base, 39 heures, deux repas : 2 758 € net pour 5 094 € de coût. Chaque euro net coûte 1,85 €.

La progression est brutale entre le premier et le deuxième cas et c'est précisément là que se situent la plupart des postes qualifiés d'un restaurant : un second de cuisine ou un chef de rang expérimenté se paie entre 1,2 et 1,5 Smic, dans la zone où la réduction fond le plus vite.

Il en découle une règle de construction pour la masse salariale prévisionnelle. Ne multipliez pas les nets par un coefficient unique. Calculez poste par poste, avec le calculateur, puis additionnez. Sur une équipe de six personnes, l'écart entre un coefficient moyen appliqué à tous et le calcul individuel dépasse couramment 1 000 € par mois, toujours dans le même sens : le coefficient moyen sous-estime les postes qualifiés.

Cette masse salariale, avec le coût matières, forme le prime cost dont dépend tout le reste. L'article sur l'excédent brut d'exploitation montre ce qu'une erreur de 5 % sur la masse salariale fait au résultat final.

Partie 04

Trois cas types et l'usage dans le prévisionnel

Les chiffres prennent leur sens sur des postes réels. Voici trois profils que l'on retrouve dans presque tous les premiers restaurants, lus avec le calculateur, puis la façon de porter le résultat dans le business plan.

11

Commis à 35 heures, second à 39 heures, chef à 3 500 € : lire les trois résultats

Le commis, 35 heures au Smic, un repas par jour pris sur place, 22 jours. Brut 1 963 €, dont 96 € de repas en nature. Net à payer 1 420 €, une fois retirées les cotisations et les 96 € déjà consommés. Coût employeur 2 190 €, après une réduction générale de 648 €. Le poste coûte 1,54 € par euro net et le repas explique l'écart avec le ratio de 1,39 vu plus haut.

Le second de cuisine, 14,20 € de l'heure sur 39 heures, deux repas par jour. Brut 2 616 €, dont 271 € d'heures majorées et 191 € de repas. Net à payer 1 869 €, heures majorées exonérées comprises. Coût employeur 3 222 €, avec une réduction tombée à 552 € parce que le brut s'éloigne du Smic. C'est le profil le plus sensible : à 1,3 Smic, chaque augmentation de 100 € brut coûte à l'entreprise près de 181 € une fois comptées les cotisations et la réduction perdue.

Le chef, 3 500 € brut de base sur 39 heures, deux repas par jour. Brut total 3 727 € avec les majorations et les repas. Net à payer 2 758 €. Coût employeur 5 094 €, avec une réduction résiduelle de 272 € seulement : à ce niveau, on approche de la sortie du dispositif. Le poste coûte 1,85 € par euro net.

Mis bout à bout, ces trois postes représentent 6 047 € de net versé pour 10 506 € de coût mensuel, soit un ratio moyen de 1,74. Si vous aviez appliqué le ratio du Smic, 1,39, à l'ensemble, vous auriez inscrit 8 405 € au prévisionnel. L'écart de 2 100 € par mois, plus de 25 000 € par an, est la différence entre un dossier qui tient et un dossier qui découvre son erreur au troisième mois d'exploitation.

Faites l'exercice avec vos propres postes. Le calculateur prend trente secondes par salarié et le tableau récapitulatif que vous obtiendrez vaut mieux que n'importe quelle moyenne sectorielle.

12

Partir du net visé : le contrat qui tient la promesse

Dans la réalité d'un recrutement, la conversation ne commence pas par un taux horaire. Elle commence par un candidat qui dit « je veux 1 800 net » et un employeur qui doit traduire cette phrase en contrat sans se tromper. C'est le second mode du calculateur.

Reprenons ce candidat, pour un poste à 39 heures avec deux repas pris sur place, dans une entreprise de moins de 11 salariés. Le calculateur retrouve le taux horaire nécessaire : 13,70 € de l'heure, soit un brut mensuel de 2 530 € repas compris. C'est ce taux et non le brut mensuel, qu'il faut inscrire au contrat et c'est ce taux qu'il faut comparer à la grille des minima de la convention pour vérifier la cohérence avec le niveau et l'échelon du poste.

Trois vérifications s'imposent avant de signer. La première porte sur le net promis : 1 800 € avant ou après impôt ? Si le candidat a un taux de prélèvement, disons 3 %, le net sur son compte sera d'environ 1 745 € et il faut soit le dire, soit viser plus haut. La deuxième porte sur les repas : un candidat qui ne mange pas sur place, parce qu'il habite à côté ou ne travaille que le service du midi, verra son net remonter de la valeur des repas non pris, ce qui change le taux horaire à proposer. La troisième porte sur le coût : à 13,70 € de l'heure, ce poste coûte 3 066 € par mois à l'entreprise. Vérifiez qu'il est bien inscrit à ce montant dans la masse salariale et non à 1 800 € multipliés par un coefficient approximatif.

Cette façon de faire évite l'erreur la plus coûteuse d'un premier recrutement : promettre un net, écrire un brut mensuel arrondi et découvrir sur le bulletin que les deux ne correspondent pas. Le salarié y voit une promesse non tenue et le désaccord s'installe dès le premier mois.

13

Porter ces chiffres dans la masse salariale du prévisionnel

Le calculateur donne un coût mensuel par salarié. Le prévisionnel a besoin d'une masse salariale annuelle, par mois, avec les dates d'embauche. Le passage de l'un à l'autre demande trois ajustements que le calcul mensuel ne montre pas.

Les congés payés. Un salarié est payé douze mois pour en travailler onze ou presque. Le coût mensuel du calculateur est le bon coût, mais il faut le compter sur douze mois même si le restaurant ferme trois semaines et prévoir un remplaçant ou une fermeture pour la période d'absence. Beaucoup de prévisionnels comptent onze mois de salaire et douze mois de chiffre d'affaires.

La montée en charge. Personne n'embauche toute son équipe le jour de l'ouverture. Le prévisionnel doit dater chaque embauche et le coût employeur ne doit apparaître qu'à partir de cette date. C'est ce que permet la section Masse salariale de notre outil, qui reprend les mêmes constantes que ce calculateur et applique la réduction générale poste par poste, en fonction du mois de démarrage.

Les extras et les remplacements. Un restaurant vit avec une part de personnel variable : extras du week-end, saisonniers, remplacements de congés. Ils ne coûtent pas le même prix qu'un salarié en CDI, notamment à cause de l'indemnité de fin de contrat et de la prime de précarité en CDD. Comptez-les à part, en pourcentage du chiffre d'affaires, plutôt que de les diluer dans les postes permanents.

Une fois ces trois ajustements faits, rapportez la masse salariale chargée au chiffre d'affaires prévisionnel. En restauration traditionnelle, elle se situe entre 30 et 35 %. En dessous de 28 %, votre équipe est probablement sous-dimensionnée ou vos salaires irréalistes. Au-dessus de 38 %, le modèle ne tient que si le coût matières est exceptionnellement bas. Ce ratio, avec le coût matières, décide de votre seuil de rentabilité et c'est là que le calculateur de cette page rejoint le reste du prévisionnel.

À garder en tête

1

Raisonnez en taux horaire, pas en brut mensuel. C'est ainsi que la convention HCR est écrite et c'est ce qui évite la confusion entre 35 et 39 heures.

2

Un repas coûte près de 9 €, pas 4,35 €. Cotisations et réduction perdue comprises. Inscrivez-le au bon montant dans le prévisionnel.

3

Un euro net coûte de 1,40 € à 1,85 € selon le poste. Calculez poste par poste, jamais avec un coefficient moyen.

Questions fréquentes

Comment est compté le repas du personnel sur une fiche de paie en restauration ?
Dans la convention HCR, chaque repas fourni au salarié est un avantage en nature évalué à un minimum garanti, soit 4,35 € au 1er juin 2026. Il est ajouté au salaire brut pour le calcul des cotisations et de l'impôt, puis retiré du net à payer puisque le salarié l'a déjà consommé. Quand l'employeur ne fournit pas le repas alors qu'il le doit, il verse une indemnité compensatrice de nourriture du même montant, qui reste dans le net à payer.
Combien coûte un salarié au Smic en restauration en 2026 ?
Pour 35 heures au Smic de juin 2026, soit 1 867 € brut, le coût employeur ressort autour de 2 000 € par mois avec la mutuelle et la prévoyance de branche, une fois déduite la réduction générale dégressive unique d'environ 700 €. Le salarié touche environ 1 440 € net avant impôt, mutuelle et prévoyance HCR déduites. Chaque repas pris sur place ajoute près de 9 € au coût employeur.
Un contrat de 39 heures en restauration, c'est combien d'heures payées par mois ?
169 heures. Un contrat de 39 heures est mensualisé sur 151,67 heures au taux normal et 17,33 heures majorées de 10 %, conformément à la convention HCR qui prévoit une majoration de 10 % de la 36e à la 39e heure, de 20 % de la 40e à la 43e et de 50 % au-delà.
Qu'est-ce que la réduction générale dégressive unique en 2026 ?
C'est le nouveau nom, depuis le 1er janvier 2026, de l'allègement de cotisations patronales sur les bas salaires, qui remplace l'ancienne réduction dite Fillon et les taux réduits maladie et allocations familiales. Elle est maximale au Smic, avec un coefficient de 39,81 % dans les entreprises de moins de 50 salariés, décroît progressivement et disparaît à 3 Smic. Elle se calcule sur le Smic du 1er janvier 2026, même après la revalorisation de juin.
Les pourboires sont-ils soumis à cotisations en 2026 ?
Non, pour les salariés en contact avec la clientèle dont la rémunération n'excède pas 1,6 Smic, soit 2 916,85 € brut mensuels sur la base du Smic de janvier 2026, les pourboires volontaires sont exonérés de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu. Cette exonération a été prolongée jusqu'au 31 décembre 2026.
Ma recommandation
Florian Astier
Florian Astier
Expert en gestion de la restauration

Faites votre première simulation avec ce calculateur, puis demandez à votre cabinet de paie un bulletin type pour le même poste. Comparez ligne à ligne. Les deux ne seront pas identiques au centime et c'est normal, mais chaque écart a une explication que vous devez pouvoir nommer. Si le cabinet ne sait pas l'expliquer, changez de cabinet avant d'embaucher.

Ensuite, construisez votre masse salariale poste par poste, avec le taux horaire, la durée et les repas de chacun. C'est une heure de travail pour une équipe complète. Cette heure vous évitera l'erreur la plus répandue des prévisionnels que je relis, une masse salariale calculée avec un coefficient unique, presque toujours celui du Smic, appliqué à des postes qui n'y sont pas.

Enfin, mettez un rappel en janvier. Smic, minimum garanti, taux de cotisations, plafond, paramètres de la réduction : tout ce que ce calculateur contient change au 1er janvier et parfois en juin. Un chiffre de l'année précédente dans une négociation salariale est une erreur que le candidat, lui, aura vérifiée.

Pour aller plus loin : renseignez le taux d'accident du travail de votre établissement dès réception de la notification de la Carsat et refaites tourner le calculateur. C'est la seule ligne de ce calcul qui vous est propre et elle peut peser plusieurs centaines d'euros par an.

L'outil business plan

Votre masse salariale, poste par poste et mois par mois

Notre outil reprend les mêmes constantes que ce calculateur, applique la réduction générale à chaque salarié selon sa date d'embauche et reporte le tout dans votre compte de résultat prévisionnel.

Un poste, une ligne

Taux horaire, durée, contrat, date de démarrage : le coût employeur se calcule seul.

Effet sur l'EBE

Voyez immédiatement ce qu'une embauche ou une augmentation fait à votre résultat.

Dossier bancaire crédible

Un prévisionnel structuré, reconnu par les banquiers habitués aux dossiers CHR.

Export PDF et Excel

Un document prêt à présenter, sans mise en forme supplémentaire de votre part.

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