Investissement

Combien coûte l'ouverture d'un restaurant ? Les chiffres réels 2026

Pas-de-porte, travaux, matériel, fonds de roulement : le détail poste par poste, sans tabou, pour savoir ce que votre projet va vraiment vous coûter.

Florian AstierPar Florian Astier
Publié le 24 mai 2026
12 min de lecture
Mis à jour mai 2026
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C'est la première question que tout le monde se pose et celle à laquelle on répond le plus mal. « Il faut combien pour ouvrir un restaurant ? » Les chiffres qu'on lit en ligne vont de 50 000 € à un million, sans jamais dire pourquoi un tel écart.

La vérité, c'est qu'il n'existe pas un coût d'ouverture, mais une fourchette qui dépend de votre projet : le type de restaurant, la ville, l'état du local et surtout ce que vous décidez de ne pas oublier. Cet article vous donne les vrais ordres de grandeur 2026, poste par poste, pour que vous puissiez chiffrer le vôtre.

BFR : besoin en fonds de roulement, la trésorerie qui couvre vos charges le temps que le chiffre d'affaires monte. Pas-de-porte : somme versée pour reprendre un local commercial bien placé. ERP : établissement recevant du public, soumis à des normes de sécurité et d'accessibilité.

Ce que vous saurez à la fin de cet article
  • La fourchette de votre projet : situer votre budget selon le type de restaurant et la ville.
  • Le détail de chaque poste : pas-de-porte, travaux, matériel, licences, chiffrés en 2026.
  • L'erreur qui coule les projets : oublier le fonds de roulement et la trésorerie de démarrage.
  • Le repère clé : 30 à 40 % d'apport, le seuil attendu par les banques pour financer le reste.
Partie 01

La fourchette globale selon votre projet

Avant le détail poste par poste, posons les ordres de grandeur. Le format de votre restaurant détermine 80 % de la facture.

01

Les grands ordres de grandeur par type

Un fast casual de quartier et une brasserie de centre-ville ne jouent pas dans la même catégorie. Voici les budgets d'ouverture complets observés en 2026, fonds de roulement inclus.

Type de restaurantBudget d'ouverture
Fast casual / petite restauration80 – 200 k€
Bistrot / restaurant de quartier150 – 350 k€
Brasserie250 – 550 k€
Restaurant gastronomique350 k€ – 1 M€ et +
Reprise d'un fonds existant100 – 400 k€

Fourchettes indicatives France entière, fonds de roulement compris. Hors achat des murs.

Le bon réflexe : partez du format avant de partir du chiffre. « J'ai 150 000 € » ne dit rien ; « je veux un bistrot de 40 couverts » dit tout.

02

Créer de zéro ou reprendre un fonds

Reprendre un restaurant déjà équipé, c'est récupérer un local aux normes, du matériel en place et parfois une clientèle. Le ticket d'entrée est plus lisible, mais vous payez un fonds de commerce qui inclut la valeur de cette activité existante.

Créer de zéro coûte souvent moins cher à l'achat, mais demande plus de travaux et de temps avant le premier service. C'est un arbitrage entre vitesse et liberté : la reprise vous fait gagner des mois, la création vous laisse tout concevoir.

Le piège : reprendre un fonds « pas cher » sans auditer l'état réel de la cuisine et la conformité ERP. Un local non conforme transforme une bonne affaire en chantier.

03

La règle des 20 % de marge de sécurité

Sur un premier projet, le budget dérape presque toujours. Travaux qui révèlent un problème caché, devis sous-estimé, délai qui rallonge les loyers à vide. La règle est simple : ajoutez 20 % à votre budget travaux et matériel en provision.

À retenir
  • Le format choisi fixe l'essentiel de la facture, pas vos envies de déco.
  • Reprise = plus cher à l'achat, plus rapide ; création = moins cher, plus long.
  • Une provision de 20 % n'est pas du luxe, c'est ce qui évite l'arrêt en cours de chantier.
Partie 02

Le détail des postes d'investissement

On décompose maintenant la facture. Cinq postes concentrent l'essentiel : le local, les travaux, la cuisine, la salle et les formalités.

04

Le pas-de-porte ou droit au bail

C'est le poste le plus variable de tous. Le pas-de-porte rémunère l'emplacement et la clientèle de passage d'un local déjà commercial. Sur un bail neuf en local vide, il tombe à zéro, mais vous repartez d'une page blanche côté travaux.

EmplacementPas-de-porte
Paris central, forte affluence80 – 300 k€
Paris périphérie / proche banlieue30 – 120 k€
Grandes villes (Lyon, Bordeaux…)20 – 100 k€
Villes moyennes5 – 40 k€
Bail neuf, local vide0 €

Le bail commercial mérite à lui seul une lecture attentive : voir notre guide du bail commercial pour ne pas signer à l'aveugle.

05

Les travaux et l'aménagement

Le coût des travaux se raisonne au mètre carré et dépend surtout de l'état de départ. Un local déjà en restauration coûte une fraction d'un local brut à transformer.

Nature des travauxCoût
Rafraîchissement d'un local CHR300 – 600 €/m²
Rénovation CHR complète600 – 1 000 €/m²
Local brut à aménager1 000 – 1 500 €/m²
Création d'une cuisine professionnelle+ 15 – 30 k€
Mise aux normes ERP (sécurité, accès)+ 10 – 30 k€

Le piège : un local « brut » jamais exploité en restauration impose l'extraction, l'arrivée d'eau, l'électricité renforcée. Ces postes invisibles explosent vite. Faites chiffrer avant de signer.

06

Le matériel de cuisine

C'est là que l'occasion change tout. Sur les gros équipements, un marché d'occasion sérieux divise la facture par deux pour du matériel robuste et garanti.

ÉquipementNeuf
Piano de cuisson5 – 20 k€
Four mixte3 – 12 k€
Chambre froide4 – 15 k€
Lave-vaisselle professionnel3 – 8 k€
Armoires réfrigérées, plonge, petit matériel5 – 25 k€
Cuisine complète neuve25 – 80 k€
Cuisine complète d'occasion12 – 35 k€

Le bon réflexe : achetez les gros postes robustes (piano, chambre froide) d'occasion auprès d'un revendeur qui garantit et le petit matériel d'usure en neuf.

07

Le mobilier de salle et la caisse

Tables, chaises, banquettes, luminaires, vaisselle : comptez 8 à 35 k€ selon le nombre de couverts et le niveau de gamme. Le poste monte vite dès qu'on cherche une ambiance soignée.

Côté caisse, prévoyez 2 à 7 k€ pour le matériel et le logiciel. Attention : depuis 2018, un logiciel de caisse certifié est obligatoire. Ce n'est pas une option, c'est une obligation fiscale.

08

Licences, honoraires et formalités

Les « petits » postes administratifs s'additionnent. Pris isolément ils paraissent négligeables, mais le total dépasse souvent 5 000 €, sans compter la licence IV si vous servez de l'alcool fort.

PosteCoût
Permis d'exploitation (formation obligatoire)400 – 600 €
Formation hygiène HACCP150 – 350 €
Immatriculation de la société250 – 600 €
Expert-comptable (mise en place)800 – 2 000 €
Avocat (relecture du bail)800 – 2 000 €
Architecte (si travaux importants)5 – 10 % des travaux
Licence IV (alcool fort)5 – 15 k€

Le choix de votre société pèse aussi sur ces frais et sur votre fiscalité : notre comparatif des statuts juridiques détaille SAS, SARL et EURL.

Partie 03

Paris ou province : les écarts qui changent tout

À projet identique, l'adresse peut doubler la facture. Voici comment la géographie pèse sur le budget.

09

Le poids de l'emplacement

Le pas-de-porte et le loyer sont les deux variables qui décrochent selon la ville. Un même bistrot de 40 couverts ne se finance pas pareil rue de Rivoli et dans une ville moyenne.

PosteParis vs province
Pas-de-portejusqu'à ×5 plus cher à Paris
Loyer mensuel2 à 4 fois supérieur
Travaux et matérielcomparable partout
Masse salarialelégèrement supérieure en métropole
10

Un même projet, deux budgets

Prenons un bistrot de quartier de 40 couverts, local en bon état, cuisine d'occasion. À Paris dans un quartier porteur, le pas-de-porte et le loyer à vide pendant les travaux poussent facilement le budget vers 300 à 350 k€. La même opération en ville moyenne se boucle souvent autour de 150 à 180 k€.

L'écart ne vient pas du restaurant, mais du droit d'entrée sur le territoire. C'est exactement ce que votre plan de financement doit refléter.

Le bon réflexe : à budget égal, une ville moyenne vous offre un local plus grand et une trésorerie de sécurité plus confortable. La rentabilité se joue autant sur l'adresse que sur la cuisine.

Partie 04

Ce qu'on sous-estime presque toujours

Les projets ne calent pas sur les travaux. Ils calent sur ce qu'on n'a pas mis dans le budget : la trésorerie de démarrage.

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Le besoin en fonds de roulement

C'est l'oubli numéro un. Le jour de l'ouverture, le chiffre d'affaires démarre lentement, mais le loyer, les salaires et les charges tombent en plein. Le BFR couvre ce décalage.

La règle de prudence : prévoyez 3 à 6 mois de charges fixes en trésorerie. Sur un restaurant à 20 000 € de charges fixes mensuelles, cela représente 60 000 à 120 000 € à ne pas immobiliser dans les travaux. Pour le calcul détaillé et les dettes qu'on oublie (TVA, URSSAF), voir notre guide besoin en fonds de roulement.

Le piège : mettre tout son budget dans le décor et ouvrir sans trésorerie. La plupart des fermetures précoces ne sont pas un problème de concept, mais de trésorerie épuisée au troisième mois.

12

Les dépôts et avances

Avant même d'encaisser le premier couvert, plusieurs sommes partent en garanties.

AvanceMontant
Dépôt de garantie du bail3 mois de loyer
Loyers pendant les travaux (local à vide)2 – 4 mois
Assurances (RC, locaux, perte d'exploitation)200 – 600 €/mois

Ces sommes ne « produisent » rien, mais elles sortent de votre poche dès la signature. Elles font partie du budget d'ouverture au même titre que le four.

13

Le stock de départ

Le premier remplissage des frigos et de la cave a un coût souvent oublié dans les premiers calculs.

Stock initialMontant
Matières premières (denrées)2 – 8 k€
Cave (vins, alcools)3 – 20 k€
Consommables (vaisselle jetable, produits…)0,5 – 2 k€
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La trésorerie de survie des premiers mois

Au-delà du BFR théorique, gardez une enveloppe de confort. Les premiers mois sont rarement à l'équilibre : le bouche-à-oreille met du temps, les habitudes des clients aussi. Une trésorerie qui tient 6 mois sans paniquer vous laisse le droit d'apprendre votre métier sans jouer votre survie chaque semaine.

Le bon réflexe : raisonnez « combien de mois je tiens si je fais la moitié de mon objectif de CA ». Si la réponse est « deux mois », votre plan n'est pas assez solide.

Partie 05

Construire votre plan de financement

Une fois le budget chiffré, reste à le financer. Voici comment s'assemble un tour de table crédible aux yeux d'une banque.

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La règle de l'apport personnel

Les banques ne financent pas un projet où le porteur ne risque rien. Le seuil attendu se situe entre 30 et 40 % du budget total en apport. Sur un projet à 200 000 €, comptez 60 000 à 80 000 € de fonds propres.

Le piège : présenter 10 % d'apport en espérant que la banque « croira au projet ». Sans apport solide, le dossier ne passe pas, quelle que soit la qualité du concept.

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Le prêt bancaire

Le prêt couvre en général 55 à 65 % du budget. En 2026, les taux pour ce type de financement professionnel se situent autour de 4 à 7 % selon le profil et la durée.

Les durées s'adaptent à la nature des biens financés : 5 à 7 ans pour le matériel, 7 à 10 ans pour les travaux et le fonds de commerce. Aligner la durée sur la durée de vie du bien protège votre trésorerie.

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Les prêts d'honneur et aides

Le prêt d'honneur est un prêt à taux zéro, accordé à vous personnellement, qui vient renforcer votre apport. Il représente souvent 3 à 10 % du budget et joue un rôle de levier : il rassure la banque, qui prête plus facilement derrière.

Où les demander
  • BGE : accompagnement et prêt d'honneur création.
  • Réseau Entreprendre : prêt d'honneur et mentorat.
  • Initiative France : le plus large réseau de prêts d'honneur.
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Assembler le plan de financement

Voici à quoi ressemble un tour de table équilibré sur un projet à 200 000 €. Les proportions comptent plus que les montants exacts.

SourcePart du budget
Apport personnel30 – 40 %
Prêt d'honneur (renforce l'apport)3 – 10 %
Prêt bancaire55 – 65 %
Total financé100 %

C'est précisément ce tableau que vous devez présenter à votre banquier, chiffré sur votre projet réel. Un plan de financement clair vaut mieux qu'un beau concept mal financé.

À garder en tête

1

Partez du format, pas du chiffre. Le type de restaurant et la ville fixent 80 % du budget avant toute décision.

2

La trésorerie tue plus que les travaux. Prévoyez 3 à 6 mois de charges fixes en fonds de roulement, intouchables.

3

30 à 40 % d'apport, c'est le seuil. En dessous, le dossier bancaire ne passe pas, quel que soit le concept.

4

Ajoutez 20 % de provision. Le budget d'un premier projet dérape presque toujours. Anticipez-le plutôt que de le subir.

Questions fréquentes

Combien faut-il pour ouvrir un petit restaurant ?
Pour un format léger (fast casual, petite salle, peu de travaux), comptez 80 000 à 200 000 €, fonds de roulement compris. La fourchette dépend surtout du pas-de-porte et de l'état du local. Reprendre un fonds déjà équipé peut faire baisser la facture à 100 000 à 150 000 €.
Quel apport personnel pour ouvrir un restaurant ?
Les banques attendent en général 30 à 40 % du budget total en apport. Sur un projet à 200 000 €, cela représente 60 000 à 80 000 €. Un prêt d'honneur (BGE, Réseau Entreprendre, Initiative France) peut renforcer cet apport et rassurer le banquier sans diluer votre capital.
Le pas-de-porte est-il obligatoire ?
Non. Le pas-de-porte (ou droit au bail) ne se paie que pour reprendre un local déjà commercial et bien placé. Un bail neuf sur un local vide se signe sans pas-de-porte, mais demande souvent plus de travaux. C'est un arbitrage entre coût d'entrée et coût d'aménagement.
Faut-il prévoir une trésorerie en plus de l'investissement ?
Oui, c'est l'erreur la plus fréquente. Au-delà du matériel et des travaux, il faut un besoin en fonds de roulement (BFR) pour couvrir 3 à 6 mois de charges fixes le temps que le chiffre d'affaires monte. L'oublier, c'est se mettre en difficulté dès le premier trimestre.
Neuf ou occasion pour le matériel de cuisine ?
L'occasion peut diviser le budget matériel par deux : 12 000 à 35 000 € contre 25 000 à 80 000 € en neuf. C'est pertinent pour les gros postes (piano, chambre froide, lave-vaisselle) auprès de revendeurs sérieux qui garantissent. À réserver au matériel robuste, pas aux pièces d'usure.
Ma recommandation
Florian Astier
Florian Astier
Expert en gestion de la restauration

Si je devais retenir une seule chose : ne tombez pas amoureux d'un local avant d'avoir bouclé le chiffre. La plupart des premiers projets ne ferment pas parce que la cuisine est mauvaise, mais parce que la trésorerie a été oubliée au profit du décor.

Chiffrez votre projet poste par poste, gardez 3 à 6 mois de charges de côté et présentez à votre banque un plan de financement net. Le bon point de départ, c'est de tout poser dans un prévisionnel concret plutôt que dans un coin de tableur.

L'outil business plan

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Reprenez chaque montant de cet article dans un prévisionnel structuré et voyez le budget total, le plan de financement et la trésorerie de votre projet, noir sur blanc.

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