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Charges d'énergie : combien prévoir et comment les maîtriser

L'électricité et le gaz pèsent souvent 4 à 8 % du chiffre d'affaires d'un restaurant. C'est une charge de structure qu'on subit presque toujours. Voici comment la budgéter, lire sa facture et reprendre la main.

Florian AstierPar Florian Astier
Publié le 4 juillet 2026
10 min de lecture
Mis à jour juillet 2026
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On prépare un business plan de restaurant en soignant le loyer, la masse salariale, le coût matières. L'énergie, elle, arrive souvent en fin de liste, estimée à la louche. C'est une erreur d'échelle : entre les fours, les chambres froides qui tournent jour et nuit, l'extraction et la climatisation, un restaurant consomme beaucoup et la facture se rappelle vite à vous.

La bonne nouvelle, c'est que l'énergie est l'une des rares charges sur lesquelles vous gardez une réelle marge de manœuvre : le loyer est fixé au bail, les salaires par la convention, mais votre consommation dépend de vos équipements, de votre contrat et de vos habitudes. Bien cadrée dès le départ, elle se pilote.

Cet article répond à trois questions concrètes : combien prévoir dans votre prévisionnel, où part réellement cette énergie et quels leviers actionner pour ne pas subir la note.

Puissance souscrite (kVA) : le débit maximum d'électricité que votre compteur autorise. Elle fixe le montant de votre abonnement, indépendamment de ce que vous consommez. kWh : l'unité de consommation réelle, ce que vous payez à l'usage. TURPE : le tarif d'acheminement, la part de la facture qui rémunère le transport de l'électricité jusqu'à votre compteur.

Ce que vous saurez à la fin de cet article
  • Combien budgéter : le poids réaliste de l'énergie au chiffre d'affaires et un ordre de grandeur en euros.
  • Où part l'énergie : cuisson, froid, ventilation, chauffage, plonge, éclairage, avec des pourcentages concrets.
  • Lire votre facture : abonnement, acheminement, kWh, taxes et ce qui est vraiment négociable.
  • Gaz ou électrique : le vrai match et pourquoi l'induction change le calcul.
  • Les leviers : puissance souscrite juste, heures creuses, entretien du froid, aides à la rénovation.
Partie 01

Combien prévoir pour l'énergie

C'est un poste que les prévisionnels sous-estiment presque systématiquement, alors qu'il se chiffre avec une précision raisonnable dès la conception du projet.

01

Le poids au chiffre d'affaires

Pour un établissement du secteur hôtellerie-restauration, l'énergie représente le plus souvent 3 à 7 % du chiffre d'affaires hors taxes. Cette fourchette large reflète des situations très différentes selon le mode de cuisson, l'amplitude d'ouverture et la performance des équipements.

Un restaurant qui cuisine surtout à l'induction, avec un froid récent et une carte resserrée, se situe dans le bas de cette fourchette. Un établissement à forte production, avec fours et friteuses en fonctionnement continu et une extraction puissante, se retrouve mécaniquement dans le haut, voire au-delà lors des épisodes de flambée des prix.

La conséquence pratique pour un prévisionnel est directe : une hypothèse à 2 % du chiffre d'affaires, que l'on rencontre encore dans des modèles génériques tous secteurs, est presque toujours très inférieure à la réalité d'un restaurant. Retenir 5 à 6 % constitue une base prudente et défendable devant un financeur.

Ce ratio sert ensuite d'alerte en exploitation. Une charge d'énergie qui reste autour de 5 % du chiffre d'affaires est sous contrôle. La même charge qui dérive vers 9 ou 10 % signale soit un problème d'équipement, soit un contrat mal calibré, soit une dérive d'usage et justifie un examen poste par poste.

02

La consommation rapportée à la surface

Le second repère, plus stable que le pourcentage de chiffre d'affaires, rapporte la consommation à la surface exploitée. Les données observées situent un restaurant type autour de 244 kWh par m² et par an, tous usages confondus.

Ce repère a un avantage sur le ratio au chiffre d'affaires : il ne dépend pas de votre politique de prix. Deux restaurants de même surface et de même équipement consomment des quantités comparables, qu'ils pratiquent un ticket de 18 € ou de 45 €. Il permet donc une estimation avant même d'avoir arrêté la carte.

Traduit en volume, un établissement de 140 m² consomme de l'ordre de 34 400 kWh d'électricité par an. C'est ce chiffre et non un pourcentage abstrait, qui permet de bâtir un budget en le multipliant par un prix du kWh puis en y ajoutant le gaz.

Une prudence s'impose sur les repères par format que l'on trouve parfois, notamment pour la restauration rapide. Les fourchettes très élevées qui circulent ne sont pas confirmées par des sources solides et il vaut mieux partir de la surface réelle ainsi que de la liste effective des équipements que d'un ratio sectoriel non sourcé.

03

Un budget de départ, chiffré

Prenons un cas concret : un restaurant de 140 m², cuisine mixte gaz et électricité, 150 000 € de chiffre d'affaires hors taxes la première année.

Ordre de grandeur annuel
Électricité 34 400 kWh × 0,18 à 0,21 € = 6 200 à 7 200 €
Gaz 2 500 à 3 500 €
Total énergie 8 700 à 10 700 € HT par an

Soit environ 6 à 7 % du chiffre d'affaires dans cet exemple, donc dans le haut de la fourchette sectorielle, ce qui s'explique par une cuisine mixte et une surface généreuse au regard du chiffre d'affaires.

Ce calcul en deux temps, un volume puis un prix, vaut mieux qu'une application directe d'un pourcentage. Il rend chaque hypothèse visible et discutable : si votre local fait 90 m² plutôt que 140, le volume baisse d'un tiers, ce qu'un ratio au chiffre d'affaires n'aurait jamais fait apparaître.

Un point de méthode pour le prévisionnel : l'énergie est une charge fixe au sens comptable, mais elle comporte une part variable réelle liée au volume produit. Sur un restaurant très saisonnier, la budgéter au douzième conduit à sous-estimer les mois de forte activité et à surestimer les mois creux, ce qui fausse le prévisionnel de trésorerie mensuel.

Partie 02

Où part l'énergie dans un restaurant

Savoir combien vous consommez ne sert à rien sans savoir où. Deux postes concentrent l'essentiel et ce ne sont pas ceux auxquels on pense en premier.

04

La cuisson, poste dominant

Fours, plaques, friteuses, grills, sauteuses : la cuisson constitue le premier poste de consommation, avec un ordre de grandeur situé autour de 30 à 38 % selon les relevés disponibles.

Ce poids s'explique moins par la puissance des appareils que par leur mode d'utilisation. Un four maintenu en température toute la journée pour éviter les temps de montée consomme davantage qu'un four allumé au besoin, à puissance nominale identique. La même logique vaut pour une friteuse maintenue chaude entre deux services.

C'est aussi le poste où l'écart entre équipements est le plus marqué. Un appareil ancien, mal isolé ou mal réglé, peut consommer sensiblement plus qu'un modèle récent pour un résultat identique en cuisine, différence qui se cumule sur des milliers d'heures de fonctionnement annuel.

Une conséquence pratique pour un projet en création : le choix des équipements de cuisson engage la facture d'énergie pour sept à dix ans, soit la durée d'amortissement du matériel. Un surcoût à l'achat sur un four performant se rattrape sur la facture, calcul qui mérite d'être fait au moment du chiffrage des équipements de cuisine.

05

Le froid, celui qui ne dort jamais

Chambres froides, armoires réfrigérées, vitrines, congélateurs : la production de froid pèse de l'ordre de 20 à 23 % de la consommation, ce qui en fait le deuxième poste.

Sa particularité le rend plus important que ce pourcentage ne le suggère : le froid fonctionne en permanence, y compris les jours de fermeture, la nuit et pendant les congés annuels. Là où la cuisson s'arrête avec le service, le froid tourne 8 760 heures par an.

Cette permanence a deux conséquences. D'abord, toute inefficacité se paie en continu : un joint de porte usé, un condenseur encrassé ou une chambre froide surchargée dégradent la consommation chaque heure de chaque jour. Ensuite, c'est le poste où l'entretien produit le meilleur retour, précisément parce que l'effet se multiplie par un nombre d'heures très élevé.

Un facteur aggravant mérite d'être connu : le froid et la cuisson se combattent. Une armoire réfrigérée placée à proximité d'un piano travaille contre la chaleur ambiante et consomme davantage. L'implantation de la cuisine, décidée une fois pour toutes lors des travaux, a donc un effet durable sur la facture.

06

Ventilation, chauffage, plonge, éclairage et bar

Le reste de la consommation se répartit entre plusieurs postes de poids moyen, dont les proportions varient sensiblement d'un établissement à l'autre selon la configuration.

L'extraction et la ventilation viennent en tête de ce second groupe. Obligatoires et permanentes en cuisine, elles fonctionnent pendant toute la durée du service et souvent au-delà. Un dimensionnement excessif de l'extraction, choisi par précaution lors des travaux, se paie ensuite tous les jours.

Le chauffage et la climatisation de la salle suivent, avec une forte dépendance à la saison ainsi qu'à la qualité de l'isolation du local. La plonge et la production d'eau chaude, l'éclairage de la salle et de la cuisine, ainsi que les équipements de bar dans les établissements qui en disposent, complètent le tableau. Ces derniers, tireuses et machines à glaçons notamment, atteignent une part non négligeable dans une brasserie.

Ces répartitions doivent être maniées comme des ordres de grandeur, pas comme des normes. Les relevés disponibles diffèrent entre eux, notamment sur la ventilation et le chauffage et la configuration d'un local pèse davantage que la moyenne sectorielle. Leur utilité est de hiérarchiser les efforts : agir sur la cuisson et le froid avant l'éclairage, quel que soit l'établissement.

Partie 03

Lire et comprendre sa facture

Une facture d'électricité professionnelle se décompose en trois blocs. Savoir lequel est négociable et lequel ne l'est pas évite de perdre du temps sur le mauvais levier.

07

L'abonnement et la puissance souscrite

L'abonnement dépend de la puissance souscrite, exprimée en kVA, qui correspond à la puissance maximale que vous pouvez appeler simultanément. Un petit restaurant se situe le plus souvent entre 9 et 24 kVA, selon ses équipements de cuisson et de froid.

Cette puissance est facturée que vous la consommiez ou non : c'est une part fixe de la facture, indépendante du volume. Une puissance surdimensionnée constitue donc un coût récurrent inutile, tandis qu'une puissance insuffisante déclenche des disjonctions en plein service.

L'erreur la plus fréquente vient du dimensionnement initial. L'installateur retient volontiers une puissance confortable, par précaution, sans que personne ne la révise ensuite. Un restaurant qui a modifié ses équipements, remplacé du gaz par de l'induction ou abandonné un poste de production, se retrouve avec un abonnement calé sur une configuration qui n'existe plus.

La vérification est simple et se fait sur les relevés de consommation, qui indiquent la puissance maximale réellement atteinte. Si elle reste durablement en dessous de la puissance souscrite, une baisse d'un ou deux paliers est possible, avec un gain immédiat et permanent sur l'abonnement.

08

Les trois composantes : fourniture, acheminement, taxes

Le reste de la facture se décompose en trois blocs qu'il faut distinguer, car un seul se négocie.

La fourniture est le prix de l'énergie elle-même, celui que vous payez à votre fournisseur. C'est la seule composante réellement négociable et elle représente une part importante de la facture totale, de l'ordre de la moitié pour un profil de petit professionnel.

L'acheminement, facturé via le TURPE, rémunère l'usage des réseaux de transport et de distribution. Il est fixé par le régulateur, identique quel que soit votre fournisseur et n'est donc pas négociable. Changer de fournisseur ne modifie jamais cette part.

Les taxes complètent la facture, avec l'accise sur l'électricité, qui a remplacé l'ancienne CSPE ainsi que les taxes locales, puis la TVA appliquée sur l'ensemble. Elles ne se négocient pas davantage.

À retenir avant de comparer des offres : seule la part fourniture varie d'un fournisseur à l'autre. Une remise annoncée sur « la facture » qui porterait en réalité sur cette seule composante représente donc un gain nettement plus modeste que le pourcentage affiché ne le laisse croire.

09

Le seuil des 36 kVA et le type de contrat

La puissance souscrite décide aussi de vos options contractuelles. En dessous de 36 kVA, un petit professionnel peut généralement accéder au tarif réglementé de vente, le tarif bleu professionnel, fixé par les pouvoirs publics.

Au-dessus de ce seuil, le site relève d'une offre de marché, négociée avec un fournisseur, à prix fixe, indexé ou mixte. Le passage d'un régime à l'autre change la nature du travail à mener : au tarif réglementé, il n'y a rien à négocier sur le prix ; en offre de marché, la négociation devient un exercice périodique.

Une nuance importante mérite d'être posée : l'accès au tarif réglementé ne dépend pas uniquement de la puissance souscrite, mais aussi de l'éligibilité du site ainsi que de son profil de consommation. Le seuil de 36 kVA est un repère de premier tri, pas une règle automatique et le cas se vérifie auprès du fournisseur.

À titre de repère, le prix du kWh professionnel se situe en 2026 autour de 0,16 à 0,21 € hors taxes selon le profil et le type de contrat. Cette fourchette reste indicative : le prix complet dépend de la combinaison entre fourniture, acheminement et taxes, ce qui rend toute comparaison hasardeuse si elle ne porte pas sur des offres construites de la même façon.

Partie 04

Les leviers pour maîtriser la note

Trois familles de leviers, du plus immédiat au plus structurel. Le premier ne coûte rien, les suivants demandent un investissement qui se calcule.

10

Caler la puissance et déplacer vers les heures creuses

Le premier levier est gratuit : ajuster la puissance souscrite à la réalité de vos appels de puissance. Il se traite en une démarche auprès du fournisseur, sur la base des relevés et produit un gain permanent sur la part fixe de la facture.

Le second consiste à déplacer une part de la consommation vers les heures creuses. L'écart de prix unitaire entre heures pleines et heures creuses s'établit autour de 20 à 25 % pour un petit professionnel au tarif bleu, un ordre de grandeur plus modeste que les 30 à 40 % parfois avancés.

Ce chiffre appelle une lecture prudente. Le gain réel ne dépend pas de l'écart de prix mais de la part de consommation effectivement déplaçable. Un restaurant dont l'essentiel de la consommation vient de la cuisson en plein service ne peut pas déplacer grand-chose : ses heures de production sont ses heures pleines.

Les usages réellement déplaçables sont limités mais réels : production de glace, lave-vaisselle en fin de service, chauffe-eau, préparations froides ou cuissons lentes de nuit. Sur un établissement où ces postes pèsent, l'option devient rentable. Sur un autre, elle ne compense pas le surcoût des heures pleines. Le calcul se fait sur ses propres relevés, jamais sur un principe général.

11

Équiper juste : induction, LED, récupération de chaleur

L'induction constitue le levier le plus discuté en cuisine professionnelle. Son rendement énergétique est nettement supérieur à celui du gaz, avec des ordres de grandeur souvent cités au-delà de 90 % contre 40 à 50 %, valeurs à considérer comme des repères de principe plutôt que comme des mesures normalisées.

Son intérêt dépasse d'ailleurs le seul rendement. L'induction chauffe l'ustensile et non l'air ambiant, ce qui réduit la chaleur dégagée en cuisine, allège la charge de la ventilation et améliore les conditions de travail. Ces effets indirects pèsent parfois davantage que l'économie directe sur le poste cuisson.

L'éclairage LED constitue le levier au retour sur investissement le plus rapide, précisément parce qu'il est simple, peu coûteux et immédiatement effectif. Il ne porte toutefois que sur une part modeste de la consommation : c'est un gain réel, pas un levier structurant.

La récupération de chaleur, qui valorise la chaleur des groupes froids ou de l'extraction pour préchauffer l'eau, relève d'un autre ordre d'investissement. Elle se justifie sur des établissements à forte production, avec un calcul de retour qui doit être fait sur les volumes réels, pas sur une promesse commerciale.

12

Entretenir, mobiliser les aides, renégocier

L'entretien du froid et de la ventilation offre le meilleur rapport entre effort et gain, pour la raison évoquée plus haut : ces équipements fonctionnent en permanence, donc toute amélioration se multiplie par un nombre d'heures très élevé.

Trois gestes concentrent l'essentiel : le dépoussiérage des condenseurs, le contrôle des joints de porte et le dégivrage régulier. Aucun ne demande d'investissement, tous relèvent d'une routine de maintenance qui se planifie. C'est aussi ce que vérifiera votre assureur en cas de sinistre, comme le rappelle le dossier sur les assurances d'un restaurant.

Les certificats d'économies d'énergie méritent d'être mobilisés sur tout remplacement d'équipement. Financés par les fournisseurs d'énergie, ils peuvent couvrir une part des travaux portant sur le froid, l'éclairage ou la ventilation. La règle décisive à retenir : la demande se fait avant la signature du devis, jamais après les travaux, comme le détaille le panorama des aides et subventions.

La renégociation du contrat, enfin, ne porte que sur la part fourniture. Elle se prépare avec les relevés de consommation des douze derniers mois et se conduit à échéance, en comparant des offres construites de la même façon. C'est un exercice périodique utile, mais il ne remplace aucun des leviers précédents : on ne négocie bien que ce qu'on a d'abord réduit.

L'ordre efficace : ajuster la puissance souscrite, entretenir le froid et la ventilation, puis seulement renégocier le contrat. Commencer par la négociation revient à optimiser le prix d'une consommation qu'on n'a pas encore maîtrisée.

À garder en tête

1

Budgétez 5 à 6 % du CA, jamais 2 %. L'énergie est une charge fixe lourde en restauration. La sous-estimer, c'est fausser sa marge dès la première année.

2

Le froid ne dort jamais. Il tourne 24 h/24, y compris portes fermées. C'est le poste où l'entretien régulier rapporte le plus, sans investissement.

3

Décidez vos équipements à l'aménagement. Induction, LED, puissance souscrite juste : ces choix ne coûtent presque rien au départ et se paient très cher à rattraper ensuite.

Questions fréquentes

Combien représente l'énergie dans le budget d'un restaurant ?
Pour un établissement du secteur hôtellerie-restauration, l'électricité et le gaz représentent le plus souvent 3 à 7 % du chiffre d'affaires HT. Un établissement à forte production, avec fours et friteuses en fonctionnement continu, se situe dans le haut de cette fourchette, voire au-delà lors des flambées de prix. Pour un restaurant de 140 m² réalisant 150 000 € de CA, comptez un ordre de grandeur de 8 700 à 10 700 € HT par an, gaz inclus. Ce ratio grimpe vite en période de prix hauts.
Faut-il une cuisine au gaz ou à l'électricité ?
La plupart des cuisines professionnelles sont mixtes : gaz pour la cuisson intense (réactivité, coût du kWh historiquement bas), électricité pour le froid, la ventilation et l'éclairage. L'induction progresse fortement : son rendement est nettement supérieur à celui du gaz, elle chauffe instantanément et ne réchauffe pas la cuisine, ce qui allège la ventilation et la climatisation. Son inconvénient est l'investissement de départ et des ustensiles compatibles.
Quelle puissance électrique souscrire pour un restaurant ?
Un petit restaurant se situe le plus souvent entre 9 et 24 kVA. Le bon réflexe est de ne pas surdimensionner : l'abonnement mensuel augmente avec la puissance, qu'elle soit utilisée ou non. Faites dimensionner votre puissance par un électricien à partir de la liste réelle de vos équipements, puis ajustez après quelques mois d'exploitation. En dessous de 36 kVA, une petite structure peut souvent rester au tarif réglementé (tarif bleu professionnel).
Un restaurant peut-il encore bénéficier du tarif réglementé ?
Oui, sous conditions. Le tarif réglementé de vente (tarif bleu) reste accessible aux petites structures dont la puissance souscrite est inférieure à 36 kVA. Au-delà de 36 kVA, le restaurant doit passer en offre de marché, négociée avec un fournisseur (prix fixe, indexé ou mixte). Dans les deux cas, l'acheminement (TURPE) et les taxes suivent la même logique : seule la part fourniture change.
Ma recommandation
Florian Astier
Florian Astier
Expert en gestion de la restauration

L'énergie, on ne la découvre pas à la première facture d'hiver, on la cadre au moment du projet. Mettez-la à 6 % du chiffre d'affaires dans votre prévisionnel, pas 2 %. C'est un poste fixe, il tombe même les jours creux et le sous-estimer fausse votre marge dès le départ.

Ensuite, jouez sur ce que vous maîtrisez vraiment : une puissance souscrite calibrée, une option heures creuses, de l'induction et de la LED décidées dès l'aménagement et un entretien du froid qui ne se néglige jamais. Ce sont des gains durables, pas des coups de rabot ponctuels.

Et gardez en tête l'ordre des priorités : la cuisson et le froid font plus de la moitié de la facture. C'est là qu'il faut porter l'attention, avant de traquer les watts de l'éclairage.

Pour aller plus loin : suivez votre consommation mois par mois, comme n'importe quelle charge de structure. Un poste d'énergie qui dérive est souvent le premier signe d'un équipement fatigué ou d'un contrat à renégocier.

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